Appareils compatibles Home Assistant : capteur Zigbee, prise connectée et détecteur d'ouverture vérifiés avant achat

Appareils compatibles Home Assistant, 5 règles essentielles

Temps de lecture : 9 minutes

« Compatible Alexa et Google Home. » C’est écrit en gros sur la boîte de presque toutes les prises et ampoules connectées vendues aujourd’hui. Si vous cherchez des appareils compatibles Home Assistant, cette mention ne garantit rien. Pire, elle signale souvent un appareil qui ne fonctionne qu’à travers les serveurs de son fabricant. Achetez une prise Wi-Fi pilotée par l’application Smart Life, et Home Assistant ne pourra la commander qu’en passant par le cloud de Tuya : la documentation officielle de l’intégration Tuya le confirme, elle exige un compte Tuya ou Smart Life et fonctionne uniquement via Internet. Or, en utilisant Home Assistant, nous cherchons justement à nous défaire de la dépendance aux clouds tiers.

Tuya, pour ceux qui ne connaissent pas le nom, est une entreprise chinoise basée à Hangzhou. Vous ne verrez presque jamais son logo en magasin, et pourtant vous avez peut-être ses produits chez vous : elle fournit à de nombreuses marques la plateforme cloud qui fait fonctionner leurs appareils connectés, souvent sans que son nom apparaisse. Smart Life, c’est son application grand public (elle existe aussi sous le nom Tuya Smart) : si la notice d’une prise ou d’une ampoule vous demande de l’installer, vous avez affaire à un appareil Tuya, quelle que soit la marque sur la boîte. Des marques différentes sur l’étiquette, une même plateforme derrière. Nous avions détaillé ce que cela implique pour votre vie privée dans le premier article de la série.

Votre Home Assistant tourne, votre dongle Zigbee est branché : nous avons fait tout ça dans le guide d’installation. Reste à le remplir. Voici comment reconnaître des appareils compatibles Home Assistant qui fonctionnent vraiment en local, avant de les acheter, puis comment les ajouter.

Les trois familles d’appareils compatibles Home Assistant

Pour un débutant, tout se ramène à trois familles. Chacune a sa logique.

Zigbee : le choix naturel avec votre dongle. C’est le protocole que parle le dongle Sonoff installé dans l’article précédent. Un appareil Zigbee n’a pas d’adresse IP et n’utilise pas votre Wi-Fi : il communique uniquement avec votre dongle, sur son propre réseau radio. Il ne peut donc pas contacter les serveurs de son fabricant de lui-même. Pour la vie privée, c’est difficile de faire mieux. Le catalogue est immense, les prix sont bas, et les appareils branchés sur secteur relaient le signal pour les autres, ce qui rend le réseau plus solide à mesure qu’il grandit.

Matter : le nouveau standard commun. Soutenu notamment par Apple, Google et Amazon, Matter a été conçu pour que n’importe quel appareil fonctionne avec n’importe quel système. Et il est local par conception : la documentation de Home Assistant précise que les appareils Matter se pilotent sans connexion Internet ni service cloud. Attention toutefois, Matter existe en deux versions. Matter sur Wi-Fi fonctionne directement avec Home Assistant. Matter sur Thread demande un équipement supplémentaire, un « routeur de bordure Thread », dont je parle plus bas.

Le Wi-Fi à pilotage local. Certaines marques Wi-Fi laissent Home Assistant parler directement à leurs appareils, sans passer par leur cloud. Le cas d’école est Shelly, une marque née en Bulgarie en 2017, spécialisée dans les modules qui se glissent derrière un interrupteur ou dans une prise. La documentation de son intégration est explicite : l’échange se fait directement avec l’appareil, aucune connexion au cloud n’est nécessaire.

Règle 1 : ignorer « compatible Alexa et Google Home »

C’est la mention la plus visible et la moins utile. Elle vous dit que l’appareil sait se connecter aux assistants vocaux, en général via le cloud de son fabricant. Elle ne dit rien de sa capacité à fonctionner en local.

Cherchez plutôt trois choses sur la boîte ou la fiche produit : la mention « Zigbee 3.0 », le logo Matter, ou le badge « Works with Home Assistant ». Si vous ne trouvez aucun des trois, passez votre chemin, sauf si vous savez précisément ce que vous faites.

Un piège classique : beaucoup de boîtes Zigbee indiquent « hub requis » ou « passerelle nécessaire ». Pas de panique, votre dongle joue ce rôle. Le fabricant veut vous vendre sa passerelle, vous n’en avez pas besoin.

Règle 2 : vérifier avant d’acheter, pas après

La norme Zigbee est commune, mais certains fabricants en prennent à leur aise. Home Assistant le reconnaît dans sa documentation : tous ne respectent pas parfaitement le standard, et certains appareils n’exposent pas toutes leurs fonctions.

Avant d’acheter, tapez la référence exacte du produit sur zigbee.blakadder.com. C’est la base de données communautaire que la documentation officielle de Home Assistant recommande elle-même. Plus de 2 600 appareils y sont répertoriés, avec pour chacun les systèmes avec lesquels il a été confirmé. Celui qui vous intéresse est « ZHA », le nom de l’intégration Zigbee de Home Assistant.

Pour aller plus vite, il existe aussi le programme officiel Works with Home Assistant. Les appareils certifiés ont été testés par l’équipe du projet, et chaque appareil doit fonctionner en local, sans abonnement ni contrôle par le cloud. Le cloud peut exister en option, mais uniquement si vous l’activez. Parmi les marques certifiées, on trouve Aqara, Eve, Shelly, SwitchBot, Nuki ou Reolink. Attention, c’est un modèle qui est certifié, pas une marque entière : vérifiez la référence exacte.

Règle 3 : pour les appareils Matter, repérer Wi-Fi ou Thread

Si vous choisissez un appareil Matter, regardez sur la boîte s’il fonctionne en Wi-Fi ou en Thread. La différence change tout.

Un appareil Matter sur Wi-Fi s’ajoute à Home Assistant sans matériel supplémentaire.

Un appareil Matter sur Thread a besoin d’un routeur de bordure Thread à proximité. Or le dongle Sonoff que je vous ai recommandé ne gère que le Zigbee. Home Assistant sait utiliser un routeur de bordure que vous possédez peut-être déjà sans le savoir : un HomePod mini, une Apple TV 4K récente, certains Google Nest Hub. Mais la mise en place demande de synchroniser les identifiants du réseau depuis votre téléphone, et la documentation reconnaît que tout n’est pas encore parfaitement intégré. L’autre solution est le dongle officiel Connect ZBT-2, que je déconseille à l’achat tant que son prix reste gonflé chez les revendeurs tiers.

Ce point compte, car IKEA a basculé. En novembre 2025, l’enseigne a annoncé 21 nouveaux produits Matter sur Thread (ampoules KAJPLATS, télécommandes BILRESA, capteurs), à des prix très bas. Leurs ampoules et télécommandes gardent une compatibilité Zigbee, mais pour les faire rejoindre votre propre réseau Zigbee, les utilisateurs passent par une manipulation (une série d’allumages et d’extinctions) que la marque ne documente pas officiellement. Pour un débutant équipé d’un dongle Zigbee, je conseille donc de ne pas commencer par la nouvelle gamme IKEA.

Dernier détail qui intéressera les lecteurs de Webologie : pour ajouter un appareil Matter depuis un téléphone Android, l’application Home Assistant a besoin des services Google Play. Si vous utilisez un téléphone dégooglisé, dont nous parlions ici, c’est un point à connaître. Sur iPhone, il faut iOS 16 ou plus récent.

Règle 4 : commencer par des appareils branchés sur secteur

Un réseau Zigbee tient grâce à ses relais. Dans Home Assistant, la plupart des appareils Zigbee branchés sur secteur, comme les prises et les ampoules, deviennent automatiquement des relais, qui étendent la portée du réseau. Les capteurs sur pile, eux, ne relaient rien : ils économisent leur batterie.

Conséquence pratique : si votre premier achat est une série de capteurs sur pile disséminés dans toute la maison, certains risquent de ne jamais capter le dongle. Commencez par une ou deux prises Zigbee, placées entre le dongle et les pièces éloignées, puis ajoutez les capteurs.

Une précision de la documentation qu’on découvre souvent à ses dépens : un relais doit rester alimenté. Une ampoule Zigbee que vous coupez à l’interrupteur mural disparaît du réseau, et avec elle le chemin qu’empruntaient les autres appareils.

Règle 5 : garder en tête qu’un appareil Wi-Fi reste un appareil Wi-Fi

Un appareil Wi-Fi, même piloté en local, même certifié, est connecté à votre réseau domestique et peut techniquement joindre Internet. Local ne veut pas dire isolé.

Pour les marques sérieuses, ce n’est pas un problème en soi. Mais si vous voulez en avoir le cœur net, vous pouvez surveiller et bloquer ce qu’un appareil essaie de contacter, avec NextDNS ou un Pi-hole installé sur un second Raspberry Pi. C’est aussi pour ça que, à usage égal, je privilégie le Zigbee : la question ne se pose même pas.

Mon premier panier pour débuter

Si je devais repartir de zéro, voici ce que j’achèterais pour comprendre comment tout fonctionne, sans me ruiner.

Une prise Zigbee sur secteur, comme la Sonoff iPlug S60ZB. Elle vous servira à piloter une lampe ou un appareil, mais surtout de relais pour la suite, et elle mesure la consommation de ce qui y est branché. Sa fiche indique « hub requis » : c’est le piège de la règle 1, votre dongle suffit.

Un capteur de température et d’humidité à écran, comme le Sonoff SNZB-02D, confirmé compatible ZHA. C’est l’appareil idéal pour débuter : utile tout de suite (surveiller une chambre, une salle de bain, une cave), facile à appairer, et il vous donnera vos premières courbes dans Home Assistant.

Un détecteur d’ouverture de porte ou de fenêtre, comme le Sonoff SenseGuard DW Gen2 (vendu par lot de quatre, pratique pour équiper plusieurs fenêtres d’un coup). C’est avec lui que vous ferez votre première automatisation, sujet d’un prochain article. 

Si vous préférez le Wi-Fi pour piloter un éclairage existant, un module Shelly derrière l’interrupteur fait très bien l’affaire. Mais il se branche sur le 230 V : si vous n’avez jamais touché à un tableau électrique, confiez la pose à un électricien.

Ajouter vos nouveaux appareils dans Home Assistant

Une fois les appareils reçus, l’ajout prend quelques minutes.

Un appareil Zigbee s’ajoute dans Paramètres, Connectivité, Zigbee, avec le bouton « Ajouter un appareil », puis en mettant l’appareil en mode appairage selon sa notice. C’est exactement la procédure détaillée à l’étape 7 du guide d’installation. Rapprochez l’appareil du dongle pour ce premier contact, puis installez-le à sa place.

Un appareil Matter s’ajoute depuis l’application Home Assistant sur votre téléphone : Paramètres, Connectivité, Matter, « Ajouter un appareil », puis scannez le QR code imprimé sur l’appareil ou sa notice. La première fois que vous ajoutez l’intégration Matter, Home Assistant vous propose d’installer l’application Matter Server dont il a besoin : validez.

Un appareil Shelly, une fois relié à votre Wi-Fi en suivant sa notice, est détecté automatiquement par Home Assistant. Il apparaît dans Paramètres, Appareils et services, rubrique « Découverts ». Cliquez sur « Ajouter », c’est tout : le pilotage se fait ensuite directement, sans passer par le cloud de Shelly.

Dans tous les cas, prenez l’habitude dès le premier appareil de donner un nom clair et une pièce. Vous vous en féliciterez au vingtième.

La suite de la série

Vous savez maintenant quoi acheter et comment l’ajouter. C’est la base de toute la suite.

Le prochain article s’adresse à ceux qui ne partent pas de zéro : récupérer les appareils déjà installés chez vous, qu’ils viennent de Tuya, de Google Home ou d’ailleurs, et voir honnêtement lesquels peuvent passer en local et lesquels il vaut mieux remplacer.

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Marc.


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Avertissement technique : vérifiez la compatibilité exacte de chaque référence avant achat, les fabricants modifient parfois un produit sans changer son nom. Les modules qui se branchent sur le réseau électrique 230 V doivent être installés hors tension, et par un professionnel si vous avez le moindre doute.

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