Débuter avec Home Assistant : quel matériel choisir en 2026

Temps de lecture : 9 minutes

Vous avez décidé de reprendre le contrôle de votre maison connectée avec Home Assistant, la solution locale et open source dont je parlais dans mon comparatif des écosystèmes domotiques. Bonne nouvelle : c’est le bon choix pour la vie privée. Moins bonne nouvelle : la première question qui se pose, celle du matériel, est aussi celle où l’on trouve le plus de guides périmés.

Débuter avec Home Assistant suppose de faire tourner le logiciel quelque part. Sur quel appareil ? Faut-il acheter la box officielle, recycler un vieil ordinateur, ou partir sur un Raspberry Pi ? Et cette histoire de dongle Zigbee, c’est quoi exactement ?

Cet article répond à tout ça, avec les prix vérifiés en septembre 2026 et, surtout, sans vous pousser vers du matériel déjà condamné.

Le piège des guides périmés

Commençons par ce que la plupart des articles français ne vous diront pas, parce qu’ils n’ont pas été mis à jour.

Le Home Assistant Yellow, longtemps recommandé comme la box de référence, n’est plus produit depuis octobre 2025. Il continue de recevoir les mises à jour logicielles, donc si vous en possédez déjà un, gardez-le sans hésiter, il reste excellent. Mais en acheter un neuf aujourd’hui n’a plus de sens : les stocks sont épuisés ou vendus à prix gonflé, et vous investiriez dans un produit en fin de vie.

Ma philosophie sur ce point est simple : je ne vous orienterai jamais vers du matériel discontinué. Un site qui parle d’indépendance et de durabilité ne peut pas vous enfermer sur une box condamnée.

Voici donc les options réellement pertinentes en 2026.

Option 1 : la box officielle, Home Assistant Green

C’est le choix de la tranquillité, et celui que je recommande à toute personne qui débute et veut que ça marche sans prise de tête.

Le Home Assistant Green est un petit boîtier plug-and-play conçu par Nabu Casa, l’équipe derrière Home Assistant. Processeur quatre cœurs ARM, 4 Go de RAM, 32 Go de stockage. Vous le branchez sur votre box internet en Ethernet, vous l’alimentez, et Home Assistant est déjà installé. Aucune ligne de commande, aucune installation système, les mises à jour se font toutes seules. Le stockage est local par défaut, ce qui est exactement ce qu’on recherche côté vie privée.

Mais il faut être transparent sur deux points qui changent la donne en cette fin 2026.

D’abord le prix. Le Green s’affichait autour de 99 euros à son lancement. Il coûte désormais environ 179 euros chez les revendeurs officiels français. Cette hausse n’est pas une marge abusive : Nabu Casa l’a annoncée officiellement, en raison de la flambée du prix de la mémoire RAM, provoquée par les achats massifs des géants de l’intelligence artificielle qui raflent les stocks de composants.

Ensuite la disponibilité. Le Green est en tension d’approvisionnement, avec des ruptures fréquentes et des réassorts étalés jusqu’à fin 2026. Conséquence directe, et méfiez-vous en : sur les marketplaces comme Amazon, des revendeurs tiers profitent de la rareté pour le vendre à 220 euros ou plus. Ne payez jamais ce prix. Le tarif officiel tourne autour de 179 euros chez les revendeurs agréés comme Domadoo, et si vous le voyez nettement au-dessus, c’est de la spéculation sur la pénurie, pas le vrai prix.

Vous remarquerez d’ailleurs que je ne mets pas de lien d’achat commissionné pour cette box. C’est volontaire : sur un produit en pénurie dont les prix s’envolent, je préfère vous envoyer vers le tarif juste plutôt que vers celui qui me rapporterait le plus. Passez par la boutique officielle depuis home-assistant.io ou par un revendeur français agréé.

Cette situation a une conséquence pratique : à 179 euros et en rupture, le Green perd une partie de son avantage face à l’option de recyclage que je détaille juste après. Si vous avez déjà du matériel sous la main, c’est le moment d’y penser sérieusement.

Dernière limite à connaître avant d’acheter : le Green n’a pas de radio Zigbee ni Thread intégrée. Or la plupart des capteurs domotiques abordables, ceux d’Aqara, IKEA, Sonoff ou Philips Hue, communiquent en Zigbee. Sans radio, votre box ne peut pas leur parler. C’est là qu’intervient le dongle, dont je parle plus bas.

Option 2 : recycler un appareil que vous avez déjà

Si vous avez un vieux PC portable, un mini-PC qui dort dans un tiroir, ou un Raspberry Pi, vous pouvez y installer Home Assistant gratuitement. C’est l’option la plus économique et souvent la plus puissante à prix égal.

La contrepartie, c’est l’étape d’installation. Il faut écrire le système Home Assistant OS sur le support de démarrage, ce qui demande un peu de méthode. Rien d’insurmontable pour quelqu’un de motivé, mais ce n’est pas le « je branche et ça marche » du Green. Je détaillerai cette installation pas à pas dans le prochain article de la série.

Un mot sur le Raspberry Pi, très populaire pour cet usage : c’est une solution éprouvée et bien documentée. Bonne nouvelle, contrairement au Pi 5 haut de gamme souvent mis en avant à tort, un simple Pi 4 en 2 Go suffit largement pour Home Assistant. On trouve des kits complets, avec boîtier, alimentation, dissipateurs et carte de stockage, autour de 120 euros, soit moins cher que le Green en pénurie. Raspberry Pi 4 2 Go

Deux précautions honnêtes si vous partez sur un kit de ce type. Inutile de surpayer pour une version 8 Go, le 2 Go fait le travail. Et surveillez la carte micro SD fournie : c’est souvent le maillon faible sur une installation qui écrit en continu comme Home Assistant. Le piège classique est de garder une carte rapide bas de gamme, qui s’use en quelques mois. La bonne carte pour cet usage n’est pas la plus rapide, mais la plus endurante : cherchez la mention High Endurance ou Max Endurance. La SanDisk MAX Endurance en 128 Go est le choix de référence pour Home Assistant, conçue précisément pour l’écriture permanente. SanDisk MAX ENDURANCE

Pour aller plus loin en fiabilité, on peut démarrer sur un SSD plutôt que sur une carte. Mais sur un Raspberry Pi 4, ce n’est pas immédiat : cela demande une mise à jour du firmware et un adaptateur USB compatible. Je détaillerai cette opération dans un article dédié de la série. Pour débuter, une bonne carte endurante suffit très bien.

Le Pi vaut donc le coup si vous en avez déjà un, ou si vous cherchez une porte d’entrée neuve et abordable pendant que le Green est cher et en tension.

Et le NAS ? Techniquement, Home Assistant peut tourner sur un NAS Synology en machine virtuelle. Mais je vous le déconseille comme installation principale. La domotique est un service critique du quotidien : si votre NAS redémarre pour une mise à jour, vos automatisations et vos lumières tombent avec lui. Mieux vaut un appareil dédié. Le NAS garde toute sa place à côté, pour stocker les enregistrements de caméras ou les sauvegardes de votre installation, comme je l’expliquais dans mon article sur le NAS face au cloud.

Le dongle Zigbee : l’accessoire presque indispensable

Quel que soit votre choix de base, si vous partez sur un Green ou sur un appareil recyclé sans radio, il vous faudra un dongle Zigbee. C’est une petite clé USB qui ajoute la radio manquante et permet à votre installation de dialoguer avec vos capteurs.

Là encore, attention aux guides périmés. Le dongle officiel n’est plus le ZBT-1, lui aussi arrêté, mais le Connect ZBT-2.

Le Home Assistant Connect ZBT-2 est le choix officiel, conçu par Nabu Casa. Il gère le Zigbee et le Thread, il est livré avec un câble USB pour l’éloigner des interférences, et il bénéficie de mises à jour de firmware suivies. C’est l’option la mieux intégrée sur le papier.

Mais il subit le même sort que le Green : son prix officiel tourne autour de 45 euros, sauf qu’en cette fin 2026, la pénurie de composants le rend rare, et des revendeurs tiers le vendent jusqu’à 88 euros sur les marketplaces. À ce tarif, il perd tout son intérêt face à l’alternative ci-dessous. Ne payez pas un dongle Zigbee deux fois son prix officiel.

À noter, une nuance technique confirmée par la FAQ officielle de Home Assistant : le ZBT-2 gère le Zigbee ou le Thread, mais un seul protocole à la fois, pas les deux simultanément. Pour débuter, ce n’est pas un souci, vous serez presque certainement en Zigbee, le protocole de la quasi-totalité des capteurs abordables.

C’est justement pourquoi je vous recommande sans hésiter le Sonoff ZBDongle-E comme dongle principal pour débuter. À 20 euros environ, disponible et vendu directement par Amazon, il embarque une puce Silicon Labs de la même famille que le dongle officiel, offre des performances identiques en Zigbee au quotidien, et bénéficie d’une garantie de deux ans. C’est celui que j’utilise, et à ce prix face à un ZBT-2 en pénurie, le choix est vite fait. SONOFF ZigBee 3.0 USB Dongle Plus

Sa seule limite par rapport au ZBT-2 : il fait du Zigbee uniquement, pas du Thread. Pour débuter, ça n’a aucune importance, la quasi-totalité des capteurs abordables parlent Zigbee. Vous ne vous poserez la question du Thread que bien plus tard, si jamais.

Attention à ne pas confondre : Sonoff vend deux modèles aux noms très proches. Pour un usage moderne, préférez le ZBDongle-E, et non le ZBDongle-P plus ancien.

Alors, quelle configuration pour débuter ?

Résumons selon votre profil.

Vous débutez et vous voulez la tranquillité absolue : Home Assistant Green plus un dongle Sonoff ZBDongle-E, soit environ 179 plus 20 euros. Le Green se branche et démarre seul, le Sonoff ajoute le Zigbee sans se ruiner. À condition de trouver le Green en stock, la pénurie actuelle pouvant vous imposer d’attendre un réassort. Le dongle officiel ZBT-2 est une option équivalente si vous le trouvez à son vrai prix de 45 euros, mais inutile de le payer le double sur une marketplace.

Vous avez un budget serré, ou vous voulez éviter la pénurie du Green : partez sur un kit Raspberry Pi 4 plus le Sonoff ZBDongle-E, autour de 140 euros au total, avec une bonne carte endurante.

Vous avez déjà un Raspberry Pi ou un vieux PC : installez Home Assistant OS dessus, ajoutez un dongle Zigbee, et vous n’avez presque rien à dépenser au-delà de la clé USB. Vu le prix actuel du Green et ses ruptures, c’est aujourd’hui l’option la plus rationnelle si le matériel dort déjà chez vous.

Dans tous les cas, vous obtenez la même chose : une installation Home Assistant locale, chez vous, sans cloud et sans abonnement. C’est ça, la vraie valeur.

Débuter avec Home Assistant : la suite de la série

Le prochain article de cette série détaillera l’installation pas à pas, depuis le tout premier démarrage jusqu’à l’ajout de vos premiers appareils. Puis nous verrons comment récupérer en local vos anciens objets Tuya, ceux qui parlent aujourd’hui à un serveur distant, pour couper ce cordon.

Parce que débuter avec Home Assistant, ce n’est pas seulement automatiser sa maison. C’est décider que ce qui se passe chez vous reste chez vous.

Marc


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