NextDNS, bouclier de filtrage DNS protégeant tous les appareils d'un foyer contre les pubs et les traqueurs

NextDNS : bloquer les pubs et le pistage sur tous tes appareils, sans matériel

Dernière vérification : juillet 2026

Temps de lecture : environ 15 minutes

Tu as peut-être installé un bloqueur de pub sur ton navigateur. Bonne idée. Sauf que ça ne protège qu’une seule chose, ce navigateur, sur cet appareil. Pendant ce temps, ton téléphone continue d’envoyer des données à des dizaines de traqueurs via ses applications. Ta télé connectée regarde ce que tu regardes. Tes objets connectés bavardent dans ton dos. Et aucun bloqueur de navigateur ne les arrête, parce qu’ils ne passent pas par le navigateur.

Il existe pourtant un moyen de protéger tout ça d’un coup. Tous tes appareils, le téléphone, l’ordinateur, la télé, la tablette, même les objets connectés, avec une seule configuration. Sans acheter le moindre matériel. En quelques minutes.

Cet outil s’appelle NextDNS.

Si tu me suis, tu connais peut-être déjà Pi-hole, dont j’ai fait un guide complet. Pi-hole fait un travail formidable, mais il demande un petit ordinateur, un Raspberry Pi, et un peu de configuration à la maison. NextDNS, c’est la même idée, filtrer le pistage et la pub à la racine, mais sans rien installer chez toi. Tout se passe dans le cloud. C’est le Pi-hole de ceux qui ne veulent pas bricoler.

Dans ce guide, je vais t’expliquer comment ça marche, ce que ça vaut vraiment, prix et limites compris, sans rien te cacher, et comment le mettre en place pas à pas sur chacun de tes appareils. On verra aussi en quoi il diffère d’un VPN, une confusion très fréquente, et comment il peut servir de contrôle parental pour protéger tes enfants. Et comme toujours, je te dirai aussi ce qu’il ne sait pas faire, parce qu’aucun outil n’est magique.

On commence par comprendre le principe, parce que c’est ce qui rend NextDNS aussi puissant.

1. Le DNS, cet annuaire invisible que tout le monde utilise sans le savoir

Pour comprendre pourquoi NextDNS est aussi efficace, il faut comprendre une brique invisible d’internet, le DNS. Rassure-toi, c’est simple, et une fois que tu l’as saisi, tu vois tout de suite l’intérêt.

Quand tu tapes le nom d’un site, disons webologie.me, ton appareil ne sait pas où le trouver. Les ordinateurs ne se parlent pas avec des noms, mais avec des adresses numériques, appelées adresses IP, du genre 192.0.2.10. Il faut donc traduire le nom en adresse. C’est exactement le rôle du DNS, le Domain Name System. C’est l’annuaire géant d’internet. Tu lui donnes un nom, il te rend l’adresse correspondante.

Cette traduction se produit des centaines, voire des milliers de fois par jour sur chacun de tes appareils, sans que tu t’en aperçoives. Chaque page, chaque image, chaque application, chaque publicité, chaque traqueur, tout commence par une requête DNS pour savoir où aller le chercher.

Et c’est là que se trouve l’idée géniale.

Le point de passage obligé

Puisque absolument tout passe par le DNS avant de se connecter, le DNS est un point de contrôle stratégique. Imagine un péage par lequel doit passer chaque voiture avant d’entrer en ville. Si tu contrôles ce péage, tu peux décider qui entre et qui reste dehors.

C’est exactement ce que fait un DNS filtrant comme NextDNS. Quand ton appareil demande l’adresse d’un domaine publicitaire ou d’un traqueur connu, NextDNS intercepte la demande et la bloque net. Ce domaine ne sera jamais joint. La pub ne se charge jamais, le traqueur n’est jamais contacté. Bloqué à la source, avant même la connexion.

Pourquoi c’est plus puissant qu’un bloqueur de navigateur

Voici la différence qui change tout. Un bloqueur installé dans ton navigateur ne filtre que ce qui passe par ce navigateur. Il ne voit rien de ce que font tes applications mobiles, ta télé, tes objets connectés.

Le DNS, lui, est utilisé par tout, par chaque appareil et chaque application, sans exception. Donc en filtrant au niveau du DNS, tu protèges absolument tout ce qui se connecte à internet chez toi, pas seulement ton navigateur. Le jeu mobile qui bombarde ton enfant de pub, l’application météo qui revend ta position, la télé qui envoie tes habitudes de visionnage, tout ça passe par le DNS, et tout ça peut être filtré d’un coup.

C’est ça, la force du filtrage DNS. Un seul réglage, et toute ta maison numérique est protégée. Pi-hole le fait en s’installant chez toi sur un petit ordinateur. NextDNS le fait depuis le cloud, sans que tu aies rien à brancher. C’est le même principe, deux façons de le mettre en œuvre. Voyons maintenant lequel est fait pour toi.

2. NextDNS ou Pi-hole, lequel te faut-il ?

Si tu as lu mon guide sur Pi-hole, tu te demandes sûrement à quoi bon NextDNS, puisque Pi-hole fait déjà le travail. Bonne question. Les deux filtrent au niveau du DNS, les deux bloquent pubs et traqueurs pour toute la maison. La différence n’est pas dans ce qu’ils font, mais dans où et comment ils le font.

Pi-hole, la maîtrise totale chez toi

Pi-hole s’installe sur un petit ordinateur que tu gardes à la maison, en général un Raspberry Pi. Il tourne chez toi, sur ton réseau, sous ton contrôle direct. Rien ne sort, tu es maître de tout, de A à Z. C’est la solution des souverains, ceux qui veulent que leurs données de navigation ne quittent jamais leur domicile.

La contrepartie, il faut acheter le matériel, l’installer, le configurer, et le maintenir. Ça demande un minimum de bricolage et un appareil allumé en permanence chez toi. Et surtout, Pi-hole ne te protège que lorsque tu es connecté à ton réseau maison. Dès que tu sors avec ton téléphone, en 4G ou sur un Wi-Fi public, tu n’es plus protégé.

NextDNS, la simplicité qui te suit partout

NextDNS fait le même filtrage, mais depuis le cloud. Rien à installer chez toi, rien à acheter, rien à maintenir. Tu crées un compte, tu configures tes appareils en quelques minutes, et c’est fait. Et surtout, avantage majeur, il te protège partout, y compris sur ton téléphone en déplacement, en 4G comme sur un Wi-Fi d’hôtel. Ta protection te suit, elle n’est pas coincée à la maison.

La contrepartie, tu délègues la résolution de tes requêtes DNS à un service tiers, la société NextDNS. Tu dois donc lui faire un minimum confiance, on y reviendra en fin de guide, c’est un point important. Et la version gratuite a une limite mensuelle, on verra laquelle.

Le tableau pour trancher

CritèrePi-holeNextDNS
Matériel nécessaireUn Raspberry PiAucun
InstallationTechnique, à faire soi-mêmeQuelques minutes
MaintenanceÀ ta chargeAucune
Protection en déplacementNon, seulement à la maisonOui, partout
Où sont tes donnéesChez toi, tu maîtrises toutChez un tiers de confiance
CoûtGratuit hors matérielGratuit jusqu’à un quota, sinon 2 €/mois
Pour quiLe bricoleur souverainLe pragmatique mobile

Alors, lequel choisir ?

La réponse dépend de deux choses, ton envie de bricoler et ton besoin de protection en déplacement.

Choisis Pi-hole si tu veux la maîtrise absolue, que tes données ne sortent jamais de chez toi, et que mettre les mains dans un Raspberry Pi ne te fait pas peur. C’est le choix du souverain.

Choisis NextDNS si tu veux une protection immédiate, sans matériel, qui couvre aussi ton téléphone quand tu es dehors. C’est le choix du pragmatique, et franchement, pour la majorité des gens, c’est le plus réaliste.

Et rien ne t’interdit d’utiliser les deux, Pi-hole à la maison pour la souveraineté, NextDNS sur ton mobile pour la protection en déplacement. Les deux approches se complètent très bien.

3. NextDNS et VPN, deux outils qu’on confond tout le temps

Dès qu’on parle de vie privée, une question revient, si j’ai un VPN, ai-je encore besoin de NextDNS ? Et inversement. La confusion est logique, les deux touchent à ta connexion. Mais ils ne font pas la même chose, et comprendre la différence t’évite de choisir le mauvais outil, ou de mal les combiner.

Ce que fait un VPN

Un VPN, comme Proton VPN, crée un tunnel chiffré entre ton appareil et un serveur distant. Il fait deux choses précises. Il masque ton adresse IP réelle, donc ta localisation et ton identité réseau vis-à-vis des sites et de ton fournisseur d’accès. Et il chiffre tout ton trafic, pour que personne sur le chemin, ton opérateur en particulier, ne puisse voir ce que tu fais. En résumé, le VPN protège d’où tu viens et rend ton trafic illisible.

Ce que fait NextDNS

NextDNS, lui, ne masque pas ton adresse IP et ne chiffre pas ton trafic. Il fait une seule chose, mais très bien, il filtre les domaines que tu contactes, pour bloquer pubs, traqueurs et malwares. En résumé, NextDNS protège ce que tu joins, pas d’où tu viens.

Tu vois la différence, ce sont deux couches distinctes. Le VPN travaille sur ton anonymat et le chiffrement. NextDNS travaille sur le filtrage du contenu. L’un ne remplace pas l’autre.

Le point qui sème la confusion, NetShield

Là où ça se brouille, c’est que Proton VPN inclut une fonction appelée NetShield, qui bloque les pubs et les traqueurs au niveau DNS, directement dans le VPN. Donc sur ce point précis, le filtrage, NetShield et NextDNS font une chose comparable. D’où la question légitime, si Proton VPN filtre déjà, pourquoi NextDNS ?

La réponse tient en un mot, la finesse. NetShield est un interrupteur simple, quelques niveaux, on ou off. Efficace, mais basique. NextDNS, lui, est un véritable tableau de bord, tu choisis tes listes de blocage, tu autorises ou bloques des domaines précis, tu fais du contrôle parental, tu consultes des statistiques détaillées. NextDNS est le spécialiste du filtrage. Proton VPN est le spécialiste du chiffrement et de l’anonymat, avec un filtrage en bonus.

Le piège technique à connaître absolument

Voici un point que beaucoup ratent, et qui provoque des surprises. Tu ne peux pas simplement activer NextDNS et un VPN en même temps en espérant cumuler les deux. Pourquoi ? Parce qu’un VPN impose en général son propre DNS. Une fois le VPN activé, tes requêtes DNS passent par le serveur du VPN, pas par NextDNS. Résultat, NextDNS est court-circuité, il ne filtre plus rien.

Concrètement, tu as deux stratégies possibles. Soit tu utilises Proton VPN avec NetShield activé quand tu veux chiffrement plus filtrage basique, par exemple en déplacement sur un Wi-Fi public. Soit tu utilises NextDNS seul quand tu veux un filtrage fin et personnalisé, sans besoin de masquer ton IP, par exemple à la maison. Certains réglages avancés permettent de combiner les deux, mais pour la plupart des gens, mieux vaut choisir selon le contexte plutôt que de tout empiler et croire à tort qu’on est doublement protégé.

La bonne façon de voir les choses

Ne les oppose pas, superpose-les intelligemment. Le VPN protège ton identité réseau, NextDNS filtre ce que tes appareils contactent. Si tu veux les deux couches, l’anonymat et le filtrage fin, Proton VPN avec NetShield couvre déjà bien la combinaison dans un seul outil, et c’est ce que j’utilise en déplacement. Si tu tiens au filtrage le plus poussé et personnalisable, NextDNS reste imbattable à la maison. À toi de doser selon ton besoin, exactement comme on empile les couches de protection, jamais une seule ne fait tout.

4. Combien ça coûte, et ce qu’il faut savoir avant de s’engager

Parlons argent et vérité, parce que c’est là que beaucoup de guides restent flous. Voici les chiffres exacts, vérifiés, et les points que personne ne te dit avant que tu t’inscrives.

L’offre gratuite, et sa vraie limite

NextDNS propose une version gratuite, et elle est généreuse pour découvrir le service. Elle te donne accès à tout, le filtrage complet, la personnalisation, les statistiques, sans payer. La seule limite, un quota de 300 000 requêtes DNS par mois.

Ce chiffre paraît énorme, mais il faut le remettre en perspective. Une requête DNS est générée à chaque fois qu’un appareil contacte un domaine, et une seule page web moderne peut en déclencher des dizaines. Pour une personne seule avec un ou deux appareils, 300 000 requêtes par mois peuvent suffire. Pour un foyer entier, plusieurs téléphones, ordinateurs, une télé connectée, tu peux atteindre ce plafond en une semaine, parfois moins.

Que se passe-t-il une fois le quota dépassé ? Bonne nouvelle, tu n’es pas coupé d’internet. NextDNS cesse simplement de filtrer, il continue de résoudre tes requêtes normalement, mais sans bloquer les pubs et traqueurs jusqu’au mois suivant. Tu n’es donc jamais bloqué, tu perds juste la protection au-delà du seuil. C’est honnête de leur part, mais ça veut dire que pour une protection continue en foyer, le gratuit ne suffira probablement pas.

L’offre payante, et son prix imbattable

Si tu veux une protection sans limite, l’offre Pro coûte environ 2 dollars par mois, ou 20 dollars par an, soit moins de 2 euros par mois. Elle supprime totalement le quota de requêtes et débloque l’ensemble des fonctionnalités. À ce tarif, c’est l’un des services de filtrage DNS les moins chers du marché, et pour couvrir tous les appareils d’un foyer en illimité, le rapport qualité-prix est excellent.

Un seul abonnement couvre toute ta configuration, tous tes appareils, toute ta famille. Il n’y a pas de tarif par appareil, ce qui rend l’offre encore plus intéressante pour un foyer.

D’où vient NextDNS, transparence

Petit point sur qui est derrière l’outil, parce que ça compte quand on lui confie ses requêtes DNS. NextDNS est édité par une société américaine, basée dans le Delaware, mais fondée et développée par deux Français, Olivier Poitrey et Romain Cointepas, avec une équipe d’ingénierie à Paris. Donc l’ADN technique est français, même si la structure juridique est américaine. C’est une nuance à connaître, ni un argument marketing, ni un drapeau rouge, juste un fait à avoir en tête.

La limite honnête, le support client

Et maintenant, ce que je te dois, parce qu’un guide sérieux ne cache pas les défauts. NextDNS a un point faible régulièrement remonté par les utilisateurs, son support client. De nombreux retours évoquent un service après-vente peu réactif, voire injoignable, et quelques cas de bugs de facturation, mauvais plan activé, erreurs de paiement. Certains utilisateurs signalent aussi une impression de stagnation, le développement de nouvelles fonctionnalités semble avoir ralenti ces derniers temps.

Que faut-il en conclure ? Pas de renoncer, le service en lui-même fonctionne très bien, il est rapide et efficace, c’est le cœur du métier et il est solide. Mais si tu comptes sur une assistance réactive en cas de problème, ou si un pépin de facturation survient, sache que la réponse peut se faire attendre. À 2 euros par mois, on comprend que le support ne soit pas premium, mais il vaut mieux le savoir avant de payer que de le découvrir après.

En clair, excellent produit, tarif imbattable, mais ne t’attends pas à un service client aux petits soins. Pour un outil qu’on configure une fois et qu’on oublie, c’est un compromis acceptable pour la plupart des gens.

5. Installer NextDNS pas à pas, sur tous tes appareils

Voici le cœur pratique. La beauté de NextDNS, c’est que la configuration est rapide, et qu’une fois faite, elle te suit. On commence par créer ton profil, puis on l’applique à chaque appareil.

Étape 1, créer ton compte et ta configuration

Rends-toi sur le site de NextDNS et crée un compte. Une fois connecté, NextDNS te génère automatiquement une configuration, identifiée par un petit code unique, ton identifiant de configuration. C’est ce code qui relie tes appareils à tes réglages. Garde cette page ouverte, tu vas t’en servir pour chaque appareil. NextDNS affiche d’ailleurs, en haut, des instructions personnalisées selon l’appareil depuis lequel tu te connectes, ce qui aide beaucoup.

Étape 2, protéger ton ordinateur

Sur ordinateur, la méthode la plus simple et la plus complète est d’utiliser l’application NextDNS, disponible pour Windows, Mac et Linux. Tu la télécharges depuis le site, tu y colles ton identifiant de configuration, et c’est actif. L’application se charge de tout, y compris de chiffrer tes requêtes DNS, ce qui est un plus pour ta vie privée.

Si tu préfères ne rien installer, tu peux aussi configurer le DNS manuellement dans les réglages réseau de ton système, en entrant les adresses fournies par NextDNS. C’est un peu plus technique, mais ça fonctionne sans application.

Étape 3, protéger ton smartphone

Sur Android comme sur iPhone, le plus simple est d’installer l’application NextDNS depuis le store, d’y entrer ton identifiant de configuration, et de l’activer. Elle fonctionne en arrière-plan et te protège en permanence, y compris en 4G quand tu es en déplacement, c’est tout l’intérêt par rapport à Pi-hole.

Sur iPhone, il existe une alternative élégante, NextDNS peut générer un profil de configuration que tu installes directement dans les réglages du téléphone, sans même passer par une application. Les deux méthodes marchent, choisis celle qui te convient.

Étape 4, le plus puissant, protéger toute la maison d’un coup

Voici l’option qui change tout. Plutôt que de configurer chaque appareil un par un, tu peux configurer NextDNS directement sur ta box internet ou ton routeur. À partir de là, tous les appareils connectés à ton réseau maison sont automatiquement protégés, sans rien installer sur chacun. La télé, la console, les objets connectés, les appareils des invités, tout passe par NextDNS.

La méthode dépend de ta box. Dans les réglages de ta box ou de ton routeur, cherche la section DNS, et remplace les adresses par celles fournies par NextDNS. Toutes les box ne permettent pas de changer le DNS, certaines box d’opérateur le verrouillent, dans ce cas tu peux ajouter ton propre routeur derrière, ou t’en tenir à la configuration par appareil.

Mon conseil, combine les deux approches. Configure ta box pour couvrir toute la maison, et installe en plus l’application NextDNS sur ton téléphone, pour rester protégé même quand tu sors du réseau maison. Ainsi, tu es couvert partout, chez toi comme dehors.

6. Configurer le filtrage, et le contrôle parental

Installer NextDNS, c’est bien. Le régler à ton goût, c’est là qu’il devient vraiment puissant. Tout se passe dans ton tableau de bord en ligne, et les changements s’appliquent instantanément à tous tes appareils connectés à ta configuration.

Activer les bonnes listes de blocage

Le cœur du filtrage repose sur des listes de blocage, des répertoires de domaines publicitaires et de traqueurs connus. Dans ton tableau de bord, à la section confidentialité, tu peux activer plusieurs de ces listes. Les listes générales bloquent la majorité des pubs et traqueurs. Tu peux en ajouter de plus spécialisées selon tes besoins. Attention toutefois, comme pour les extensions de navigateur, n’empile pas des dizaines de listes redondantes, quelques listes solides et bien choisies suffisent, et évitent de casser des sites légitimes.

Tu peux aussi activer la protection contre les menaces de sécurité, qui bloque les domaines connus pour héberger des malwares, du phishing ou des sites malveillants. C’est une couche de sécurité gratuite qui vaut la peine.

Personnaliser, autoriser et bloquer à la main

NextDNS te laisse un contrôle fin. Si une liste bloque par erreur un site dont tu as besoin, tu l’ajoutes à ta liste d’autorisation, et il repasse. À l’inverse, si tu veux bloquer un domaine précis qui t’ennuie, tu l’ajoutes à ta liste de blocage personnelle. Ce niveau de personnalisation est justement ce qui distingue NextDNS des filtres basiques.

Le contrôle parental, protéger ses enfants

C’est une fonction importante de NextDNS, et elle mérite qu’on s’y arrête. Dans la section contrôle parental de ton tableau de bord, tu peux bloquer par catégories, réseaux sociaux, jeux, sites pour adultes, et même des applications ou des sites précis. Tu peux aussi activer un mode de recherche sécurisée qui filtre les résultats explicites, et définir des plages horaires, par exemple couper l’accès à certains services le soir ou pendant les devoirs.

Concrètement, un parent peut ainsi décider que les appareils du foyer n’accèdent pas à tel réseau social, ou pas à certaines heures. C’est un outil de gestion familiale, installé et contrôlé par le parent, sur ses propres appareils.

Et cela ouvre une réflexion de fond qui dépasse l’outil. Face au débat sur la protection des mineurs en ligne, deux philosophies s’opposent. D’un côté, la vérification d’âge imposée à toutes les plateformes, qui suppose d’identifier l’ensemble des utilisateurs, adultes compris, pour filtrer les mineurs. De l’autre, une approche par la responsabilité parentale, où ce sont les familles qui filtrent, avec des outils comme NextDNS, sans que personne n’ait à prouver son identité à l’entrée d’un service.

Ces deux approches ne se valent pas sur le plan légal, un outil de contrôle parental ne remplace pas une obligation qui pèse sur les plateformes, et ne se substitue à aucune loi. Mais elles disent quelque chose de nos choix de société. Faut-il ficher tout le monde pour protéger quelques-uns, ou faire confiance aux familles pour gérer ce que voient leurs enfants ? NextDNS n’apporte pas la réponse, mais il incarne concrètement la seconde voie, celle où le contrôle reste dans les mains des parents, pas dans une base d’identités centralisée. C’est une piste de réflexion, pas une solution miracle, et chacun se fera son avis.

Un mot sur les logs, ton point de vigilance vie privée

Un point que tu dois régler consciemment. NextDNS peut enregistrer l’historique de tes requêtes, ce qui alimente les jolies statistiques du tableau de bord. Mais qui dit historique dit trace de ta navigation stockée chez un tiers. Bonne nouvelle, NextDNS te laisse le contrôle, tu peux choisir de ne rien enregistrer du tout, ou de définir où sont stockés les logs, par exemple en Europe, et pour combien de temps. Si la vie privée est ta priorité, désactive les logs ou réduis leur conservation au minimum. Tu perdras les statistiques, mais tu ne laisseras aucune trace. À toi de peser confort contre discrétion.

7. Ce que NextDNS ne sait pas faire

Comme toujours, la partie honnête, celle qui manque à la plupart des guides. NextDNS est excellent, mais il a des limites qu’il faut connaître pour ne pas se croire invincible.

D’abord, le filtrage DNS ne voit pas tout. Il bloque au niveau des noms de domaine. Mais certains traqueurs sont hébergés sur les mêmes domaines que le contenu légitime, impossible alors de les bloquer sans casser le site. Et les techniques de pistage les plus avancées, comme le fingerprinting dont j’ai parlé dans mon guide sur les navigateurs, échappent complètement au DNS, parce qu’elles ne reposent pas sur la connexion à un domaine tiers. NextDNS filtre le trafic vers les traqueurs, il ne masque pas ton empreinte. Ce sont deux problèmes différents, deux couches différentes.

Ensuite, et c’est le point de confiance central, tu délègues ta résolution DNS à un tiers. Quand tu utilises NextDNS, toutes tes requêtes, donc la liste des domaines que tu visites, passent par ses serveurs. NextDNS promet de ne pas exploiter ces données, et te laisse même désactiver les logs, ce qui est à son honneur. Mais tu dois lui faire confiance, comme tu fais déjà confiance, souvent sans le savoir, au DNS de ton opérateur ou à celui de Google. C’est justement l’avantage de Pi-hole, où rien ne sort de chez toi. Avec NextDNS, tu échanges un peu de cette souveraineté contre beaucoup de simplicité. À toi de juger si le compromis te convient.

Enfin, NextDNS ne remplace ni un VPN, ni un bon navigateur durci, ni un antivirus. Il est une couche, une bonne couche, dans une protection qui doit rester globale. Le filtrage DNS ferme une porte importante, celle des pubs et des traqueurs à la source, pour tous tes appareils. Mais il en laisse d’autres ouvertes, que d’autres outils ferment. La vie privée, encore et toujours, se construit en empilant les couches.

Conclusion, la protection la plus simple pour toute ta maison

Si tu devais retenir une chose, c’est celle-ci. NextDNS est probablement le meilleur rapport effort-protection qui existe pour couvrir tous tes appareils d’un coup. Pas de matériel, pas de bricolage, quelques minutes de configuration, et toute ta maison numérique cesse d’être bombardée de pub et pistée par défaut.

Ce n’est pas la solution la plus souveraine, Pi-hole garde cet avantage puisque rien ne sort de chez toi. Ce n’est pas non plus une protection absolue, aucun outil ne l’est. Mais pour la majorité des gens, qui veulent un vrai gain de vie privée sans y passer leurs soirées, NextDNS est le point d’entrée idéal. Et son contrôle parental en fait aussi un allié précieux pour les familles.

Le bon réflexe, choisis selon ton profil. Le bricoleur souverain restera sur Pi-hole. Le pragmatique qui veut une protection immédiate et mobile prendra NextDNS. Et beaucoup, au fond, gagneront à combiner les deux, plus un navigateur bien réglé, plus un VPN quand il le faut. Chaque couche ferme une porte de plus.

Pour aller plus loin

Si ce guide t’a été utile, abonne-toi à la newsletter de Webologie, et retrouve les articles qui complètent celui-ci, mon guide complet sur Pi-hole pour la version souveraine, mon guide pour bloquer la publicité partout, et mon guide de référence sur les navigateurs et le fingerprinting, cette autre couche que le DNS ne couvre pas.

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Note technique, lis chaque étape avant de l’appliquer, et pense à bien noter ton identifiant de configuration. Changer le DNS de ta box affecte tout ton réseau, en cas de doute, commence par configurer un seul appareil pour tester avant de généraliser.

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4 réflexions sur “NextDNS : bloquer les pubs et le pistage sur tous tes appareils, sans matériel”

  1. Concernant le cas particulier des pubs youtube, ça vaudrait peut-être le coup de faire un article sur iSponsorBlockTV.
    Beaucoup utilisent l’extension de navigateur mais peu connaissent la version TV.
    Un peu technique vu que ça passe par un pi et Docker mais très efficace.
    Pour ma part j’ai un pi3 au cul de chaque télé depuis des années et ça tient la route.
    A toi de voir 🙂

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